Le pixel de suivi dans nos courriels
Lorsque vous ouvrez un courriel, vous pensez généralement en être le seul lecteur. Pourtant, certains messages contiennent un petit dispositif invisible capable de signaler leur ouverture à l’expéditeur. Ce dispositif est appelé pixel de suivi, ou parfois « pixel espion ».
Qu’est-ce qu’un pixel de suivi ?
Un pixel de suivi est une minuscule image, souvent transparente et généralement grande d’un seul pixel. Elle est intégrée au code du courriel, mais hébergée sur un serveur distant.
Le message contient une adresse unique permettant d’associer le pixel à un destinataire précis. Lorsque votre logiciel de messagerie affiche les images du courriel, il télécharge également ce pixel. Cette simple demande informe alors le serveur de l’expéditeur que le message a été consulté.
Le pixel ne permet pas de lire vos autres messages ni d’accéder à votre boîte aux lettres. Il sert uniquement à enregistrer certaines informations liées à la consultation du courriel.
Quelles informations peuvent être collectées ?
Selon le fonctionnement du service de messagerie et la configuration technique utilisée, l’expéditeur peut notamment savoir :
- si le courriel a été ouvert ;
- à quelle date et à quelle heure il a été consulté ;
- si la consultation a eu lieu depuis un ordinateur, une tablette ou un téléphone ;
- une localisation approximative, déduite de l’adresse IP ;
- parfois, le nombre de consultations du message.
Ces informations peuvent ensuite être associées à d’autres données déjà détenues par l’expéditeur. Il devient alors possible d’établir un profil des habitudes de lecture : fréquence de consultation, horaires préférés ou réactivité aux messages.
Pourquoi utiliser un pixel de suivi ?
Tous les pixels de suivi ne sont pas utilisés dans un but malveillant. Ils peuvent répondre à plusieurs objectifs.
Un organisme peut s’en servir pour vérifier que ses messages sont correctement reçus et éviter de continuer à écrire à des adresses qui ne sont plus utilisées. Une administration peut également constater qu’un message important n’a probablement pas été consulté et choisir d’utiliser un autre moyen de contact, comme un courrier postal ou un SMS.
Les entreprises l’utilisent aussi à des fins commerciales. Elles peuvent mesurer l’efficacité d’une campagne, choisir le meilleur moment pour envoyer un message, adapter son contenu ou mieux cibler leurs communications.
Pourquoi cela pose-t-il un problème ?
Le principal problème est que le pixel est invisible. Une personne peut donc être suivie simplement en ouvrant un courriel, sans savoir qu’une information est envoyée à l’expéditeur.
La messagerie électronique est également un espace privé. Les habitudes de consultation peuvent révéler des informations personnelles, surtout lorsqu’elles sont conservées longtemps ou croisées avec d’autres données.
Il faut aussi garder à l’esprit que le taux d’ouverture n’est pas toujours fiable. Certaines messageries bloquent les images distantes, tandis que d’autres les téléchargent automatiquement ou les mettent en cache. Une ouverture peut donc être enregistrée sans lecture réelle, ou ne pas être enregistrée alors que le message a été lu.
Le consentement est-il nécessaire ?
La réponse dépend de la finalité du pixel.
Lorsqu’il est utilisé pour le marketing, le profilage, la personnalisation des contenus ou la mesure de performance d’une campagne, le consentement préalable de la personne est généralement nécessaire. Le refus doit être possible aussi facilement que l’acceptation.
Certaines utilisations limitées peuvent toutefois être exemptées de consentement, notamment lorsqu’elles sont strictement nécessaires à la délivrabilité des courriels ou à la sécurité. Par exemple, un organisme peut utiliser un dispositif limité pour identifier les adresses réellement inactives et éviter des envois inutiles.
Cette exemption ne permet pas de transformer ensuite les mêmes données en outil de profilage ou de ciblage commercial. Une donnée collectée pour une finalité précise ne doit pas être réutilisée pour un autre objectif sans base légale appropriée et sans information suffisante.
Quand l’utilisateur doit-il être informé ?
L’utilisateur doit être informé de manière claire, accessible et compréhensible lorsqu’un pixel de suivi est utilisé.
Cette information doit préciser :
- l’existence du pixel ;
- les courriels ou catégories de courriels concernés ;
- les données collectées ;
- la finalité du suivi ;
- la durée de conservation des données ;
- les moyens d’accepter, de refuser ou de retirer son consentement.
Lorsque le consentement est nécessaire, il doit être demandé avant l’utilisation du pixel. L’absence de réponse ne peut pas être considérée comme une acceptation.
Si des adresses électroniques ont été collectées avant la mise en conformité et qu’aucun choix valable n’a été recueilli, l’organisme doit informer les personnes concernées et leur permettre de s’opposer ou de donner leur consentement, selon la finalité du suivi.
Comment limiter le suivi ?
Les utilisateurs peuvent réduire ce suivi en désactivant le chargement automatique des images distantes dans leur logiciel de messagerie. Cette mesure peut toutefois empêcher l’affichage de certaines images légitimes.
Les expéditeurs doivent, de leur côté, éviter les pixels lorsque leur usage n’est pas indispensable, séparer les finalités techniques et commerciales, limiter les données collectées et proposer un moyen simple de retirer son consentement.
À retenir
Un pixel de suivi est une image invisible qui peut signaler l’ouverture d’un courriel et transmettre certaines informations techniques à son expéditeur. Son utilisation n’est pas automatiquement interdite, mais elle doit être transparente, limitée à une finalité précise et, dans de nombreux cas commerciaux, précédée d’un consentement.

Et le SMiDeN dans tout ça ?
Ce que nous effectuons dans nos newsletters
Le SMiDeN utilise un pixel de suivi dans ses newsletters grand public uniquement afin d’obtenir des statistiques générales et non nominatives.
Ces statistiques nous permettent notamment de savoir si une newsletter a été consultée dans son ensemble, afin d’évaluer la portée de nos communications et d’améliorer leur présentation. Elles ne servent pas à établir le profil individuel des lecteurs, à connaître les habitudes de lecture d’une personne, à déterminer ses horaires de consultation ou à adapter les contenus qui lui sont envoyés.
Le pixel utilisé dans nos newsletters ne nous donne pas accès à votre boîte aux lettres, au contenu de vos autres courriels ou à votre activité sur Internet. Il ne permet pas non plus au SMiDeN de vous suivre en dehors de la newsletter.
Le suivi des adresses invalides
Le SMiDeN ne détermine pas la validité d’une adresse électronique en observant si une personne ouvre ou non ses courriels.
Le suivi des adresses est effectué à partir des messages de retour appelés « bounces ». Un bounce est une notification automatique envoyée par le serveur de messagerie lorsqu’un courriel n’a pas pu être distribué. Cette impossibilité peut être due à une adresse inexistante, une boîte aux lettres pleine, un nom de domaine incorrect ou un problème temporaire du serveur destinataire.
Ces messages techniques nous permettent de repérer les adresses auxquelles nos newsletters ne peuvent pas être distribuées et de les corriger ou de les retirer de notre liste d’envoi lorsque cela est nécessaire. Ce mécanisme est indépendant du pixel de suivi et ne repose pas sur l’ouverture ou la non-ouverture de la newsletter.
Vos choix
Chaque newsletter contient un lien permettant de se désinscrire à tout moment. La désinscription empêche l’envoi des prochaines newsletters, à l’exception des éventuels messages strictement nécessaires à la gestion de votre demande.
Pour toute question concernant l’utilisation de vos données personnelles ou l’exercice de vos droits, vous pouvez consulter la présente politique de confidentialité ou contacter le SMiDeN aux coordonnées indiquées dans ses mentions légales.