Vers une sobriété numérique ?

La déréglementation climatique résulte-t-elle de l’utilisation et de la consommation à outrance d’équipements numériques ? C’est la question à laquelle le Sénat a répondu lors d’une mission d’information sur l’empreinte environnementale du numérique.

Avec la prise de conscience écologique, la technologie n’échappe pas aux critiques. Le numérique a sa part de responsabilités. Il est relativement difficile de chiffrer avec exactitude les conséquences de l’industrie sur le climat mais on estime que l’activité numérique est aujourd’hui responsable de 3 à 4% des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde. Le numérique pourrait représenter 7% de nos émissions de GES d’ici 2040.

Au terme de 6 mois de travaux menés par 14 élus, le Sénat a publié le 24 juin 2020 un rapport qui détaille l’impact de nos pratiques numériques sur les enjeux écologiques.

La première inquiétude soulevée par le groupe d’étude réside dans le fait que le numérique est souvent ignoré dans les réflexions concernant les politiques environnementales. Pourtant, le secteur compte pour 2 % des émissions de gaz à effet de serre en France pour l’année 2019. Si rien n’est fait, ce chiffre pourrait atteindre 6,7 % en 2040, soit un équivalent en CO² plus important que celui émis par le transport aérien aujourd’hui.

La fabrication de nos équipements numériques (tablettes, téléphones, montres connectées) sont responsables pour « 86% de leurs émissions totales » et représentent à eux seuls 70 % de l’empreinte carbone totale du numérique en France. Résultat, la première et principale solution présentée par le Sénat est de rallonger la durée de vie de nos appareils.

Il est ainsi question de rentrer dans une ère de « sobriété numérique », composée d’un volet éducatif sur les enjeux environnementaux du numérique, mais aussi d’idées plus politiques comme par exemple inscrire l’impact environnemental du numérique de chaque entreprise dans les bilans annuels ou également mettre en place une taxe carbone aux frontières européennes. Les propositions de l’enquête seront prochainement traduites dans un projet de loi.