StopCovid : isolement de la France en Europe

Le Royaume-Uni change de philosophie concernant son appli de traçage numérique et adopte le protocole d’Apple et Google. La France devient ainsi le seul pays d’Europe à conserver une application qui ne fonctionne que sur son territoire.

L’application de traçage numérique (contact-tracing), en test depuis plusieurs semaines, va finalement se baser sur la technologie d’Apple et Google, et abandonner son fonctionnement centralisé.

Un modèle décentralisé pour le Royaume-Uni

L’application devrait finalement se fonder sur un modèle décentralisé intégrant les technologies d’Apple et Google, déjà disponibles sur des applications similaires. Une méthode jugée plus sûre concernant la confidentialité des données, les correspondances de contact après diagnostic étant effectuées directement sur les mobiles et non pas sur un serveur distant.

Via ce protocole décentralisé, l’application détecte les échanges d’identifiants Bluetooth entre utilisateurs et sera en mesure de fournir une notification d’alerte en cas de suspicion de contact avec un porteur de la maladie. Le modèle d’Apple et Google garantit une meilleure fiabilité du Bluetooth, notamment sur les mobiles d’Apple.

Un isolement de la France en Europe

La défection anglaise isole de plus en plus la France. L’application StopCovid se base sur un protocole centralisé, au nom d’une recherche de souveraineté numérique et ne peut être utilisée qu’en France. Elle peine d’ailleurs à convaincre dans l’Hexagone puisque l’application totaliserait actuellement moins de 2 millions de téléchargements sur les magasins d’applications de Google et Apple.
Dans un premier temps orientées vers un modèle souverain, les autorités allemandes ont finalement privilégié l’approche décentralisée pour leur application. La Norvège, qui a lancé une application de traçage numérique centralisée le 16 avril dernier, a fini par la suspendre en raison de craintes sur la confidentialité des données.

Les Britanniques seront en mesure d’utiliser leur application quand ils se rendront à Berlin, à Rome ou à Copenhague. Les différentes applis seront en mesure d’échanger des données, ce qui ne sera pas le cas avec l’application StopCovid, qui ne trouvera pas d’utilité en dehors des frontières françaises.

L’heure est de dresser un premier bilan pour StopCovid et notamment sur l’évolution de l’application de suivi des contacts. 14 notifications ont été envoyées depuis le lancement de l’appli le 2 juin (chiffre extrêmement faible en regard des efforts portés sur la promotion de cet outil), émanant de 68 personnes s’étant déclarées positives dans l’application. Si 1,9 million d’internautes ont téléchargé l’application et 1,8 million d’internautes l’ont activée, parallèlement, on a constaté 460 000 désinstallations (chiffre qui tend à augmenter de manière significative) Ce premier bilan est très décevant pour le gouvernement qui a reconnu que les chiffres d’utilisation de StopCovid ne sont pas à a hauteur de ceux espérés.