Twitter dans le viseur de la justice française

Dans le cadre de la lutte contre la propagation des discours haineux, Twitter n’est pas à la hauteur des enjeux en n’assurant pas une modération efficace des contenus qu’elle diffuse, voilà la conclusion à laquelle sont arrivées plusieurs associations qui ont assigné la firme en justice.

Twitter, mauvais élève de la modération ?
C’est ce que laisse entrevoir une plainte déposée par plusieurs associations françaises contre la plateforme. Déplorant une « inaction massive », elles pointent du doigt des manquements graves dans la politique de modération de Twitter.

Pour appuyer leurs propos, ces associations ont effectué des tests durant la période de confinement pour déterminer à quelle vitesse et selon quels critères Twitter supprimait les contenus haineux. Ainsi été ont signalé plus de 1 100 tweets haineux pour ensuite vérifier combien avaient été retirés de la plateforme. Dans les 3 à 5 jours qui ont suivi le signalement, seulement 11,4 % des tweets ont été effacés, et ce, alors que le nombre de contenus manifestement haineux « a progressé de 43 % depuis le début du confinement ».

Cette plainte s’appuie sur l’article 6 de la loi pour la confiance en l’économie numérique qui exige que les hébergeurs suppriment les contenus illicites « promptement » et rendent de surcroît « publics les moyens qu’ils consacrent à la lutte contre ces activités illicites ». Elle arrive à un moment charnière puisque la proposition de loi Avia qui vise à renforcer ces dispositions et à contraindre les grandes plateformes à retirer ce genre de contenus « sous 24 heures » est actuellement débattue à l’Assemblée.

À noter que le même protocole de test a été déployé sur Facebook (mais dans une proportion bien moindre puisque seuls 78 contenus ont été signalés) et que la plateforme en a retiré environ 70 %.